L’équipe d’Akongo s’agrandit

Lea briard

En 2021, l’équipe d’Akongo est heureuse d’accueillir dans ses rangs la Dr. Léa Briard.

Éthologue depuis plus de 10 ans, elle intègre aujourd’hui l’équipe pour mettre ses connaissances et ses compétences au service du bien-être animal. Découvrez son parcours et le rôle qu’elle sera amené à jouer au sein d’Akongo dans l’interview ci-dessous.

Quel est ton parcours ? Quels ont été tes projets de recherche ?

J’ai fait l’ensemble de mes études supérieures à l’Université de Strasbourg (Licence, Master et Doctorat). Je me suis spécialisée en éthologie à partir du la licence 3 lors de mon année Erasmus en Angleterre (Warwick University). J’ai ensuite intégré en 2011 le Master Éthologie et Écophysiologie de l’Université de Strasbourg et j’ai réalisé mon stage de master 2 sur les comportements collectifs chez le capucin moine avec le Dr. Odile Petit. Cette dernière m’a ensuite proposé de faire mon doctorat sous sa supervision au sein du Département d’Écologie, Physiologie et Éthologie (IPHC – CNRS, Strasbourg) et en cotutelle avec un de ses collaborateurs de longue date, le Pr. Jean-Louis Deneubourg de l’Unité d’Ecologie Sociale à l’Université Libre de Bruxelles. 

Mon doctorat portait sur les processus décisionnels lors des déplacements collectifs chez les chevaux domestiques. J’ai passé environ 1 ½ an sur le terrain à observer des groupes de chevaux, et ce, 6 jours sur 7, 10h par jour. Le but était de comprendre comment les chevaux décident collectivement où et quand se déplacer, et si ces décisions sont influencées par les caractéristiques de chaque membre du groupe. J’ai montré que chez les chevaux domestiques les décisions sont partagées (il n’y a pas de leader unique), que le départ est précédé d’une période de préparation (les animaux s’alignent, s’éloignent du groupe en direction de la future destination, etc.) et que l’âge, la personnalité et les relations sociales influencent la dynamique collective. Je me suis aussi penché sur le rôle de l’étalon durant ces phénomènes collectifs. Contrairement aux croyances populaires ce dernier n’est pas le leader unique du groupe et n’a pas une influence plus grande que les juments. Il a en effet plutôt tendance à rester en arrière et surveiller le groupe.

En parallèle, je me suis intéressée au lien entre parasitisme gastro-intestinal et alimentation chez le cheval domestique. Ce projet a vu le jour à la suite d’observations que je faisais sur des chevaux qui n’étaient pas vermifugés et qui semblaient consommer plus souvent des branches d’arbres et d’arbustes. Grâce au soutien de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation, j’ai pu travailler au développement de tests in vitro pour identifier des molécules dans les plantes consommées susceptibles d’avoir un effet antiparasitaire. 

C’est de là que mon intérêt pour l’effet du parasitisme sur le comportement est né. Je me suis envolée pour les USA (grâce à l’obtention d’un financement Fulbright) pour travailler avec le Dr. Vanessa Ezenwa sur le lien entre parasitisme gastro-instestinal et personnalité chez un rongeur endémique sauvage, le rat hispide (Sigmodon hispidus), à l’Odum School of Ecology (Georgia University, Athens, GA, USA). Les résultats ne sont pas encore publiés mais il semblerait que les individus téméraires et explorateurs ont 1) plus de parasites mais 2) une immunité plus « active ». De par leur comportement les individus les plus explorateurs ont une plus grande probabilité de rencontrer des parasites. Mais il semblerait qu’il compense par une immunité plus « active » leur permettant peut-être de supporter cette plus grande charge parasitaire.

Je suis revenue en France en 2018, pour travailler à Toulouse au Centre de Recherche en Cognition Animale, dans l’équipe du Dr. Audrey Dussutour, sur un organisme atypique, le blob (Physarum polycephalum). J’ai travaillé sur la personnalité (et oui même chez les cellules on trouve des différences constantes de comportements) et les prises de décision chez cette cellule géante. Les résultats sont en cours d’analyse (les expériences ont pris un peu de retard en 2020).

Pourquoi intégrer AKONGO aujourd’hui ? 

Je connais Amélie, la directrice d’Akongo, depuis bientôt 10 ans ; nous avons fait nos doctorats dans le même laboratoire à Strasbourg. Nous avions également travaillé ensemble pendant plusieurs années via notre implication commune pour la réhabilitation des animaux de laboratoire au sein de l’association GRAAL.

Depuis mon retour en France, je suis membre du Comité Nationale d’Ethique en Expérimentation Animale (CNREEA). Aujourd’hui, je souhaite travailler sur des projets de recherche qui impliquent une approche globale de l’animal et de son environnement, tout en prenant en compte les questions d’éthiques liées au travail avec les animaux. En rejoignant AKONGO, je vais pouvoir apporter mes compétences scientifiques (comportement animal, parasitisme, modélisation, analyse des réseaux sociaux, etc.) sur des projets liés au bien-être et avec des collaborateurs d’horizons différents (Université, laboratoires, écoles vétérinaires, parcs animaliers, etc.)

Quelles seront tes missions au sein d’Akongo?

Ce sera avant tout de travailler sur les projets de recherche appliqués au bien-être des animaux en captivité. Je travaille notamment sur des projets d’évaluation du bien-être, pour que ceux-ci soient à la fois adaptés aux espèces concernées et au lieu d’évaluation (parc animalier, laboratoire, élevage, etc.). Je donne également des cours à l’Université en éthologie, et j’interviendrai dans la formation des professionnels (vétérinaires, soigneurs, techniciens-animaliers, etc.). Enfin, j’aime la communication scientifique et j’aurai l’occasion de partager et discuter l’actualité scientifique dans le domaine du bien-être animal !

Laisser un commentaire